Julie, seconde de cuisine au Spot Palace. Benjamin, menuisier, fondateur de Artic Design. Parents de Léonie 10 ans et Telma 8 ans.
Seconde de cuisine au Spot Palace, restaurant et lieu de vie incontournable à l’ambiance californienne de la zone Pédebert à Hossegor, Julie Cazalé Aubin n’a pas toujours officié en cuisine. Après l’école hôtelière, elle suit des études d’arts plastiques et d’événementiel à l’Université de Bordeaux Montaigne pour finalement travailler dans une cave à vins. Les accords mets et vins la passionnent tellement qu’elle crée le blog 3615 Pinard. Arrivée dans les Landes où Benjamin a fondé Artic Design, une société de transformation du Corian un matériau composite haut de gamme utilisé pour des plans de travail de cuisine notamment, Julie retourne travailler en cuisine, son » terrain de jeu favori« . Maman de deux petites filles, elle partage avec nous son organisation du quotidien pour que la cuisine à la maison ne soit pas une corvée.



Peux-tu définir ta cuisine en 3 mots…
Dans l’assiette : familiale – simple – méditerranéenne
Comment as-tu pensé l’aménagement et la déco de ta cuisine ?
Quand on s’est installés, l’agencement de la cuisine nous convenait très bien. Elle est hyper fonctionnelle. C’est du Ikea basique, simple mais très pratique car elle dispose de nombreux rangements. Depuis peu, on a réduit la largeur de l’ilôt central pour caser une table à manger. Plus confortable au quotidien, et surtout, à nous les grandes tablées en famille ou avec les amis. La déco elle, s’est faite naturellement au fil du temps, avec une accumulations de livres, d’objets et d’ustensiles de cuisine.
Quel est l’ustensile ou l’appareil électro-ménager dont tu ne peux te passer ?
Un couteau éminceur Opinel et la machine expresso Delonghi.
Que manque-t-il dans ta cuisine ?
Un plat à tajine en terre cuite et une cocotte ronde en fonte Le Creuset.


Qui cuisine ?
La majeure partie du temps, c’est moi. J’ai la chance dans mon métier de ne pas travailler le soir, c’est précieux pour concilier boulot et vie de famille. Je n’ai toujours pas quitté ma tenu de cuisine que j’enchaîne sur le repas du soir à la maison, ce qui me permet de réaliser des plats qui demandent du temps comme des mijotés, des gratins avec ce que j’ai sous la main. Avec Ben, on a trouvé un bon équilibre. Il cuisine quelques soirs dans la semaines avec ses classiques : carottes à la crème et échine de porcs ou purée de pommes-de-terre Comté jambon.
La cuisine, c’est un terrain de jeu qui me plait bien.
Qui t’a donné le goût de la cuisine ?
Les femmes de ma vie : mes grands-mères et ma mère ! J’ai passé mon temps dans leur cuisine. Ma grand-mère Odette faisait une cuisine généreuse et de terroir (elle avait 7 enfants). J’ai un souvenir impérissable de ses soupes, veloutés, et bouillons qu’elle faisait tous les jours de l’année et à chaque repas. Chez mon autre grand-mère, Régine, (famille de 4 enfants) c’est une cuisine traditionnelle et plus avisée. Elle a 88 ans et concocte toujours des plats classiques de la cuisine française. Chez elle, les repas de familles étaient toujours gargantuesques : 2 entrées, 2 plats (poisson/viande), fromages et 2 desserts. J’adore ses carottes au citron et à l’ail, ses œufs mimosa et ses pommes-de-terre à la morue.
Ma maman a toujours cuisiné le soir et le week-end, nous avions toujours du monde à la maison, et elle ne se ratait jamais dans la qualité de ses plats. Notamment son porc au caramel. Elle nous surprend encore.
Je me rends compte que j’ai eu de la chance d’avoir été entourée par ces femmes si puissantes dans leur cuisine.
Ce qui est paradoxal, c’est que malgré cet héritage familial et ma scolarité à l’école hôtelière, jeune j’ai vite fuit le monde de la restauration malgré les belles adresses gastronomiques où j’ai travaillé, dont la maison Darroze à Langon.
Mon retour en cuisine vient de mes dernières études dans le commerce du vin qui m’as redonné l’envie grâce aux accords mets et vins.
Plutôt menus de la semaine ou free style ?
Très souvent la veille au lendemain ! Quand je rentre à la maison, je sais ce que j’ai dans le frigo et dans le garde-manger. Pour favoriser l’anti gaspi, je fais mes courses chez le primeur tous les 2 jours et le reste dans les commerces et centre commerciaux de proximité.
Ma cuisine est intuitive.
Les idées repas de Julie Cazalé Aubin et Benjamin Cazalé
- Velouté de légumes, œuf cocotte et mouillettes toastées au beurre demi-sel
- Lentilles à la marocaine avec un œuf mollet
- Kefta semoule à la datte
- Poulet curry, lait de coco riz basmati
- Gratin écrasé de choux fleur au curcuma muscade et parmesan avec salade à l’huile de noix (du village de ma tante)
- Coquillettes filantes Emmental / Comté râpés, et miette de jambon blanc
Notes
Vegan ? Locavore ? bio ? sans gluten ?…
Localité à 100%, bio à 95% ! On ne mange pas beaucoup de viande rouge à la maison, par conviction et à cause de son prix. Ce qui fait de l’entrecôte un met rare et plus appréciable. On consomme essentiellement de la viande blanche, beaucoup de légumes et légumineuses. Quasiment pas de lait de vache, essentiellement des crèmes végétales, coco, amande et riz.
Et pour le pain, nous avons la chance d’avoir une super boulangerie « Café Graines » qui fait de délicieux pains au levain avec plusieurs types de farine. Notre préféré : le pain de petit épeautre.
Tu es bec salé ou sucré ?
J’adore cuisiner les deux. Le dessert que les filles adorent c’est la mousse au chocolat à l’orange, un mélange de la recette de la mousse de ma grand-mère et de celle de Jean-François Piège. Sa particularité c’est que c’est une mousse au chocolat moitié blanc monté, moitié crème fraîche montée en chantilly. Je partage la recette ici avec plaisir.

La mousse au chocolat à l’orange de Julie Cazalé Aubin
Ingrédiients
- 4 œufs
- 30gr de sucre semoule
- 200g de chocolat noir pâtissier
- 20gr de beurre
- 1 orange non traitée, zeste râpé
- 50gr d’écorces d’oranges confites
- 200ml de crème fraîche liquide entière 35% très froide
- 20gr de sucre glace
- Quelques copeaux de chocolat noir
Instructions
- Faire fondre le chocolat au bain marie avec le beurre
- Séparer les blancs et les jaunes d’œufs. Réserver.
- Dans le chocolat tiède, incorporer les jaunes d’œufs 1 par 1. Puis le zeste d’orange, et les écorces d’orange coupées en petits dés. (En garder un peu pour le dressage.)
- Monter les 4 blancs d’œufs en chantilly avec une pincée de sel dès qu’ils moussent, ajouter le sucre semoule.
- Ajouter les blancs dans l’appareil à chocolat en mélangeant délicatement.
- Monter la crème fraîche liquide en chantilly avec le sucre glace.
- Ajouter la crème montée dans l’appareil à chocolat et mélanger délicatement. (On peut ajouter un bouchon de Cointreau pour ceux qui aiment)
- Placer au frigo 4h minimum.
Notes
Topping: les écorces d’oranges et copeaux de chocolat.
Que trouve-t-on toujours dans ta cuisine ?
Beaucoup d’épices, mes favorites sont celles d’Ottolenghi, des légumineuses, des pâtes de curry et de miso. Des bocaux de pâtés, fritons au porc ou au canard, les sauces tomates maison de mon père, des conserves de bonites et de thon blanc de mon beau père, des confitures de ma maman, des bocaux de cèpes et de haricots verts de mon oncle…Et toujours des oranges non traitées et des gros glaçons pour mes negronis du vendredi soir.

Tu préfères la vaisselle ou le linge de table ?
Pour le quotidien, on a un service ordinaire mais quand on reçoit, je sors des assiettes que j’aime beaucoup qui m’ont été offertes en majorité par ma maman qui adore la vaisselle. J’aime beaucoup les assiettes à rebord haut et creux pour les plats en sauce c’est l’idéal. On a aussi une petite sélection de verres indispensables pour les cocktails !
Après le bac, j’ai longtemps hésité à intégrer une école des Arts de la table et finalement j’ai préféré les Arts en général!
Tu apprends aux filles à cuisiner ?
Oui, elles font plein de petites choses avec moi, surtout Telma qui adore cuisiner. Ele est toujours derrière moi, elle goûte et je lui demande s’il manque quelque chose. Léonie aime pâtisser, particulièrement le fondant au chocolat et les cookies.
Quelles sont tes adresses gourmandes ?
Café graines 1991 avenue Charles de Gaulle à Seignosse. Pour le pain complet au levain et le petit pain d’épeautre.
Vival by Casino, 1551 avenue Charles de Gaulles, Signosse. Super sélection de produits locaux.
Barajas Soorts-Hossegor, le primeur où je fais mon plein hebdomadaire
Bio Wave 261 avenue des rémouleurs à Soorts Hossegor, mon magasin bio.
Yaoya, 215 avenue du Général De Gaulle à Guéthary. Une épicerie basque et japonaise qui vend notamment les bouillons de poule basque Dohatsu que j’utilise tout le temps.
Le Fumoir d’Angresse 220 rue Tuquet 2, Angresse. Pour la truite fumée.
Asia Landes 24 avenue du Général De Gaulle, Tosse. Pour les pâtes de curry et les sauces soja.
La boucherie de la forêt, 27 rue de Mathiou, Hossegor. Quand on veut une bonne viande rouge.
Interview et photos : Karine Couëdel

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